Éblouissante, éblouissant

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par Pierre Shanks

Bien oui, féminin et masculin. Filles comme gars, les athlètes du Centre national d’entraînement Pierre Harvey (CNEPH) ont encore impressionné, samedi, dans les épreuves de pas de patin aux Championnats de l’Est du Canada, au club Nakkertok, à Cantley (QC).

Cendrine Browne et Raphaël Couturier ont tous deux terminé premiers U23 aux 10 et 15 km «skate», départ individuel.

La journée a commencé avec le 10 km féminin. Nous avons suivi la course du haut de la pente la plus abrupte, où l’entraîneur Godefroy Bilodeau prenait en note les écarts, ce qu’on appelle les «splits» dans le jargon.

Éblouissante, c’est en regardant Cendrine Browne que le qualificatif s’est imposé. Le coach m’avait prévenu. «Regarde-la bien aller, tu vas voir, en skate, le mouvement lui vient tellement facilement.» Godefroy imitait les gestes, faisant aller ses bras et ses pieds dans une sorte de ballet tellement moins gracieux (héhé) que lorsque la skieuse est apparue au bas de la côte.

On l’a vue s’amener à bonne vitesse, avec une étonnante fluidité dans le transfert de poids. Puis, elle s’est engagée dans la côte. La plupart des filles plantent leurs poles assez fort, pour se donner le maximum d’appui en passant d’une jambe à l’autre. Cendrine aussi quand même, mais elle semblait légère, et gracile. Elle a avalé la pente et poursuivi son chemin sous les cris de son entraîneur, qui ferait un podium lui aussi si on décernait des médailles pour ça.

Cendrine, surclassée chez les séniors, a fini la course au 5e rang, à 14 secondes de la gagnante, Kate Brennan, mais au premier rang chez les moins de 23 ans.

«J’aime tellement ça en skate, a dit la championne U23, je me sens juste bien! Je me sentais fatiguée ce matin, mais mon échauffement a bien été et je savais que je serais forte aujourd’hui.

«J’ai senti le «mur» à 2,5 km de la fin, je commençais à être fatiguée. J’ai continué de pousser.

«Je suis fière de mon arrivée. Quand les whiskers (qui annoncent l’arrivée) sont apparus, je me sentais puissante, j’ai vraiment donné le maximum.»

Trente-sept secondes plus tard, Frédérique Vézina croisait l’arrivée à son tour, 8e dans le surclassement et 2e U23.

À noter, chez Frédérique, qu’elle a retranché 14 secondes dans la 2e boucle sur son temps de la première. Signe de son motto «plus c’est long, plus j’aime ça!»  Cette skieuse, qui se distingue dans les épreuves de distance, sera donc à surveiller dimanche dans le 15 km classique. «J’aurais préféré 30, mais bon, ce sera 15.» Nos yeux seront rivés.

Anne-Marie Comeau, encore seulement 16 ans, après une excellente première boucle, a connu une baisse de régime dans la seconde et a pris le 11e rang au général (4e U23), 16 secondes derrière Frédérique.

Enfin, Camille Pépin a fini 23e.

Couturier dominant

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Chez les hommes, eh bien non, on ne peut pas dire que Raphaël Couturier est un beau petit skieur gracile!

Ce jeune skieur est tout en puissance. Un gros moteur, comme son chum Alexis Turgeon.

Lui aussi, comme Cendrine, est allé brasser les séniors dans le 15 km.

Top U23, il a pris la 4e place au général. Les plus vieux sentent maintenant son souffle dans leur cou.

«Avec ma 7e place hier au sprint, ce sont mes meilleurs résultats à vie chez les “séniors open”, a dit Raphaël, rayonnant de bonheur.

C’est encore plus encourageant quand on pense qu’il a l’habitude de ne pas partir trop fort dans ce type d’épreuve, histoire de se garder de l’énergie pour la fin.

«C’est drôle, je parlais au téléphone hier soir avec Louis (Bouchard, entraîneur-chef au CNEPH). Je suis bon dans les départs de masse, mais mes départs individuels sont toujours plus lents.

«Il m’a dit, essaie donc demain de partir vite et de tougher sur ta cadence sans ralentir au milieu de la course.

«J’ai suivi les instructions à la lettre et ç’a marché!»

Alexis, lui, qui se spécialise davantage dans le sprint, a fini 42e. Chez les autres, Steffan Lloyd a ramené une excellente 12e place et Frédéric Touchette a terminé 16e,

Raph, comme l’appellent ses amis, est une sorte de bête en devenir. À 19 ans, il est encore d’âge junior, mais ce qui se dessine devant lui, s’il continue de progresser, n’a de limites que celles qu’il se fixera.

Et s’il ne s’en fixe pas, demanderez-vous? Hein? S’il ne s’en fixe pas?

Promis, je vais lui poser la question.

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