Ça va se jouer au mont Sainte-Anne

Maya MacIsaac-Jones

Amateurs de suspense, oubliez Netflix du 6 au 9 janvier prochain et rendez-vous au mont Sainte-Anne pour les sélections olympiques de l’équipe nationale de ski de fond.

Se dérouleront aussi les sélections nationales en vue des Championnats du monde juniors et U23. Toutes ces courses réuniront plus de 400 athlètes de partout au Canada.

Mais ce sont surtout les sélections olympiques de l’équipe nationale féminine qui tiendront les spectateurs en haleine.

par pierre shanks

Ski de fond Canada compte envoyer cinq skieuses à Pyeongchang et plusieurs candidates de qualité vont se livrer une lutte féroce pour les deux ou trois postes disponibles.

Elles seront accompagnées de sept skieurs. On cherche un autre sprinteur pour épauler Alex Harvey, Devon Kershaw, Lenny Valjas, Knute Johnsgaard, Jesse Cockney et Graeme Killick.

Voyons où nous en sommes à quelques semaines du début de la saison.

Le processus de sélection des athlètes est complexe, mais résumons-le succinctement aux fins de cet article. Un(e) athlète accède aux Jeux s’il/elle obtient un critère de sélection “principal” (Primary Qualifying Criteria) lors de la saison précédente, par exemple un podium en Coupe du monde, ou des critères secondaires ou alternatifs A (Alternate Qualifying Criteria A), soit en outre trois top 30 en Coupe du monde.

Cendrine Browne (photo: Benoit Théroux)

Cendrine Browne (photo: Benoit Théroux)

Chez les Canadiennes, aucune n’a obtenu de critère principal, mais deux, Emily Nishikawa et Dahria Beatty, ont obtenu les critères alternatifs A en réalisant chacune trois top 30 en Coupe du monde.

Cela laisse trois places à combler et il y a au moins SEPT bonnes candidates en lice. L’une d’entre elles, Cendrine Browne, a une longueur d’avance puisqu’elle a déjà amassé deux top 30 en Coupe du monde. Cendrine sera sur la Coupe du monde cet automne et si tout va bien, elle raflera un 3e top 30 avant Noël à Davos ou à Toblach. Sinon, elle devra revenir au pays où elle sera largement favorite pour obtenir sa qualification.

Qui sont les autres principales candidates et où en sont-elles? Les voici par ordre alphabétique.

Olivia Bouffard-Nesbitt (photo: pierre shanks)

Olivia Bouffard-Nesbitt (photo: pierre shanks)

Olivia Bouffard-Nesbitt: Olivia traverse une période de rééducation extrêmement difficile à la suite d’une sérieuse blessure au cou. Elle a travaillé très fort à Montréal avec des spécialistes et s’apprête à retourner à Canmore afin de préparer sa saison avec son énergie positive habituelle. Sera-t-elle rétablie à temps pour les sélections? Chose certaine, quand on parle de courage, il n’en manque pas à cette athlète.

Zina Kocher (Photo: Angus Cockney)

Zina Kocher (Photo: Angus Cockney)

Zina Kocher: Elle est la grande donnée inconnue du processus de sélection (lire ici en anglais). L’une des meilleures biathloniennes canadiennes de l’histoire, elle a pris sa retraite à la fin de la saison 2016. Mais elle a gardé la forme la saison dernière, au point de s’inscrire aux nationaux de ski de fond et d’y remporter notamment le 5 km style libre. Son entraîneur de toujours, Richard Boruta, l’a incitée à tenter sa chance en ski de fond et la mort tragique de celui-ci l’a poussée à s’essayer en son honneur. La clé pour elle sera de se coller aux meneuses dans le segment classique du skiathlon (il n’y a pas de classique en biathlon, cela lui laisse donc peu de temps pour maîtriser cette technique) et laisser ensuite “parler” son style libre. Kocher skiera sans pression, ce qui est dangereux pour ses adversaires. De plus, il ne faut jamais négliger une athlète qui a participé à trois Olympiques et douze Championnats du monde. Justin Wadsworth travaille son style classique avec elle. Beware!

Laura Leclair (photo: pierre shanks)

Laura Leclair (photo: pierre shanks)

Laura Leclair: membre de l’équipe junior nationale ces deux dernières années, Laura est une skieuse talentueuse qui fait son entrée chez les séniors. Dans une bonne journée, elle peut chauffer le peloton et tirer son épingle du jeu. Elle a connu un excellent été d’entraînement, elle “trippe” autant qu’au début de l’été de faire partie du CNEPH et de “m’entraîner avec la merveilleuse gang de filles”. Tentera aussi de se qualifier pour les mondiaux U23.

Maya MacIsaac-Jones

Maya MacIsaac-Jones (photo: courtesy Maya M-J)

Maya MacIsaac-Jones: Sa blessure au pied a pris beaucoup de mieux. Elle ne peut pas (encore) courir, mais elle peut skier sur roulettes aussi fort qu’elle le désire, alors! Elle s’entraîne intensivement et vise un pic de forme pour les sélections, alorrs! C’est une skieuse complète et l’une des plus prometteuses du programme canadien. Les mondiaux U23 sont aussi dans sa ligne de mire.

Katherine Stewart-Jones

Katherine Stewart-Jones (photo: katherinestewartjones.blogspot.com)

Katherine Stewart-Jones: Son entraînement estival se déroulait super bien jusqu’à ce qu’il soit brutalement interrompu par une commotion cérébrale à la suite d’une chute à vélo. Elle a pris du mieux et a recommencé à s’entraîner légèrement. Son équipe de soutien est très optimiste et elle prévoit reprendre l’entraînement intensif d’ici quelques semaines. Cet étalon sur skis est la championne en titre de la série Haywood NorAm et, si tout va bien pour elle, exactement ce que recherchera l’équipe nationale pour les épreuves en style classique. Elle aussi, les mondiaux U23!

Frédérique Vézina (photo: pierre shanks)

Frédérique Vézina (photo: pierre shanks)

Frédérique Vézina: Elle est la dernière sur cette liste seulement parce que son nom de famille commence par “v”. “Fred” connaît une carrière en dents de scie en raison de plusieurs blessures et maladies qui l’ont ralentie. Mais voilà, elle a impressionné la saison dernière aux mondiaux U23, 25e au 10 km libre et 29e au skiathlon, et aux nationaux. Cette athlète résiliente a un caractère d’acier. Son entraînement estival se déroule sans anicroche, elle est top shape, et celles qui voudraient la devancer devront le faire à la régulière. Les athlètes de St-Fé ne font pas de quartier!

Qui ressortira de cet impressionnant lot? Ces courses promettent d’être parmi les plus passionnantes des dernières années au pays à l’exception bien sûr des épreuves de Coupe du monde.

En prime, les amateurs verront les sélections pour les mondiaux juniors et U23, hommes et femmes, et là aussi, ça va barder.

Nous allons entre autres suivre de près les performances du jeune biathlonien et champion du monde de sa catégorie (benjamin), Léo Grandbois, qui va tenter de se qualifier pour les mondiaux juniors de ski de fond.

Léo “The Terrible” comme il aime s’appeler, cet animal, ce loup des neiges, ce Sasquatch de la track, vedette montante du biathlon canadien, a la très nette intention de faire fondre la neige dans les épreuves de style libre. Tout comme Zina Kocher, il lui faut maîtriser le style classique. Y parviendra-t-il devant un Antoine Cyr, pour n’en nommer qu’un? Mais à 18 ans, 6 pieds, 180 livres, quand il vous fixe et vous dit que c’est exactement ça qu’il va faire, alors!

Du suspense, qu’on vous dit!

Léo Grandbois aux nationaux de ski de fond 2017 (photo: Ski de fond Québec)

Léo Grandbois aux nationaux de ski de fond 2017 (photo: Ski de fond Québec)

 

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